J’AI QUITTÉ FACEBOOK PENDANT UNE SEMAINE

J’AI QUITTÉ FACEBOOK PENDANT UNE SEMAINE

J’AI QUITTÉ FACEBOOK PENDANT UNE SEMAINE

A priori cela ne relève pas de l’exploit mais me concernant on peut inscrire mon nom au panthéon… bien évidemment c’était pour la rime. A vrai dire, cela faisait trois années que l’idée de quitter la sphère virtuelle sociale me taraudait. Surement à cause de la place et du temps que cela occupait dans ma vie de saltimbanque et que mon fils aîné de 6 ans me dise d’une manière redondante “Papa arrêtes un peu d’être sur facebook”. Ajouté à cela l’univers du trop-plein d’informations, des plaintes constantes, des comparaisons, la course aux Likes et à la popularité des faux-semblants, des “Moi, je” et des humeurs du Monde entier dans lequel j’y figure également. Le ras-le-bol de toujours devoir se justifier, d’être à la “Une” en tant qu’artiste m’a blasé. Moi, vivant dans le Monde des bisounours, n’arrivais plus à prendre du plaisir, à rire d’un commentaire, d’une photo ou d’un post. Tout est soudain devenu très sérieux. Les plates-formes des réseaux sociaux sont devenus les endroits où l’on peut tout se dire, sans gêne et bien évidemment avec le ton désiré. Cela dit, caché derrière un écran à des kilomètres de ses interlocuteurs, tout est bien plus facile.

Lorsque je ne suis pas en déplacement et que mes trois petits monstres sont à l’école, je travaille de chez moi. Sur mon bureau, une barrière lumineuse de trois écrans d’ordinateur me font face plus celui de mon téléphone portable greffé dans ma main droite. Selon les jours, j’assiste à une déferlante de notifications et messages qui  ralentissent considérablement ma productivité de geek et travailleur compulsif lors d’une “courte journée” (lire mon premier article) de montage vidéo, d’infographie ou de quelconques tâches administratives. “Pourquoi ne coupes-tu pas les notifications?” Vous me direz. Comme beaucoup, j’ai le sentiment de rater quelque chose, un plan, une information cruciale qui pourrait changer ma vie de saltimbanque, type le message d’un producteur d’Hollywood. Qu’on se le dise, la terre continuera bel et bien de tourner sans nous qu’on le veuille ou non. J’ai donc décidé de faire un Break d’une semaine d’ instagram et facebook en désactivant mes comptes de tous mes appareils, téléphone portable y compris.

LES PREMIERS JOURS

Les premiers jours furent très étranges, un silence de mort m’accompagnait dans tous mes déplacements avec toujours ce sentiment de rater quelque chose. Je suis passé d’un fil d’actualité Facebook comparable à un grand Souk à plus rien, le néant. Dans le métro, moi qui d’habitude scrollais mon écran jusqu’à ce que l’épiderme de mon pouce s’irrite, j’ai réappris à observer le Monde qui m’entourait, à vrai que dire que des personnes cokés sous smartphone, mon miroir. Dans ce restaurant Libanais où j’avais l’habitude d’aller seul entre deux rendez-vous le midi près de Châtelets-Les-Halles, un cinquantenaire très élégant s’est assis à côté de moi et a dénié me dire “Bonjour Monsieur” et même “bon appétit”. Peut-être a-t-il sentit que j’étais en période de sevrage et que j’avais besoin de retrouver foi en l’humanité. Cette action m’avait étonnement surpris, les heures qui ont suivi furent capitales. J’ai passé ma journée à taper la discute avec tout ce qui bougeait, des passants aux caissières et vendeurs fnac. Un peu plus même les arbres y passaient. Chez moi, je me suis refusé d’aller aux toilettes avec mon smartphone et de l’avoir dans mon champ de vision à table. Lors d’un événement de danse auquel j’intervenais en tant que speaker, j’ai laisser mon téléphone en loge toute la journée. J’ai vu mon portable se fondre peu à peu dans le décors et trouver refuge dans le fond de mes poches de manteaux.

 

DONC…

Ma courte semaine passée en hibernation m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses. Se déconnecter des réseaux pour se reconnecter à la vie est chose inestimable. Le temps s’allonge, notre cerveau est beaucoup moins encombré et plus libre. Avec le temps on s’habitue à cette douce accalmie et tout devient “normal”.  J’ai goutté aux petits bonheurs oubliés tel que le lâcher prise, celui qui te fait dire que tu existes, même quand la terre continue de tourner. Celui qui te fait dire qu’il y a une vie, la vraie, au delà de celle virtuelle. Comme découper sur un coup de tête avec minutie la citrouille d’Halloween qui moisissait sur ma terrasse, un 21 novembre. Certains de mes amis artistes que j’appelle intimement “les prisonniers” car c’est comme ça que je définis leur relation passionnelle avec les réseaux, ne jugent pas bon de couper, de peur de passer dans la case des oubliés. Cependant je ne réfute pas le fait que la communication fait partie intégrante de notre métier. Ni le fait que grâce à ces réseaux notre univers artistique permet de connaitre une plus grande expansion. Sans passer outre le fait de rester en contact avec des proches vivant de l’autre côté de la galaxie ou de suivre des personnes intéressantes, marrantes et talentueuses. Facebook a tout de même vu naître de nombreuses révolutions telles que le printemps arabe en 2011, preuve de son immense pouvoir de communication.

Avec réflexion, l’une des manières, les plus légères d’aborder la chose sans avoir les pieds et mains liés est de prendre du recul. Si votre talent est à la hauteur de votre personne, je vous garanti qu’on remuera ciel et terre pour vous retrouver. Laissez derrière vous la phobie de l’abandon et soufflez un bon coup. Une semaine c’est très court, d’ailleurs je suppose que personne n’a remarqué mon absence (je ris de mes écrits) mais c’est assez pour se remettre d’aplomb et revenir l’esprit libre. “La vie c’est tout ce qui se passe quand t’attends des moments qui se passent jamais” dixit Lester Freamon dans la série The Wire.

Rodrigue LINO

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Voiture 16, place 86

Une fois dans votre vie vous avez sûrement dû prendre le TGV pour effectuer un long trajet et vous retrouver dans une voiture famille, sans dessus dessous, aux senteurs d’œufs durs mêlées à celles de couches de nourrissons. Coincé dans le célèbre carré de quatre, place 86 côté fenêtre voiture 16 avec des enfants en bas âge tout autour de vous, criant et pleurant à tout va sous le regard dépité des parents au bord de la syncope. Lorsque cela m’arrivait je filais directement au bar, buvais deux bières, maudissais très souvent l’organisateur en charge de mes billets. J’enfonçais les écouteurs au plus profond de mes tympans et m’efforçais à dormir coûte que coûte en incriminant les parents d’être spectateurs du désespoir .

Ceci dit un jour, la tendance allait se renverser. Je basculerai du rang de “Bobo” voyageur à celui du parent exténué “aux yeux rouges” (voir mon premier article) en mode Branle-bas de combat. Ce jour où je regretta les noms d’oiseaux prononcés à l’égard des parents et de leurs enfants.

 

First time

Mon premier long trajet fut de 7 heures dont une correspondance avec un TER bondé à mourir. 7 heures soit l’équivalent d’un Paris/Montréal, traduit par : soit l’équivalent d’un Paris/Enfer pour nous les parents.  A l’époque l’aîné de mes trois petits mecs avait à peine 4 mois. Bizarrement lorsque que vous voyagez avec un nourrisson, vous avez en votre possession le triple de bagage qu’il n’est requis. Comprenant des choses très encombrantes, pour la plupart du temps qui ne servent à rien. Ce type de voyage requiert une parfaite condition physique et une concentration maximale de l’accompagnateur ou du/des parents, de la veille jusqu’à l’arrivée. Lorsque la sonnerie du TGV retentit, que les portes se ferment, que vous êtes déjà en sueur réfléchissant à la belle journée qui vous est dédiée sous le regard compassionnel des voyageurs dont on peut clairement lire leurs pensées “Roh ce qu’ils sont mignons avec leur petite crevette” traduit par : “J’espère qu’ils vont pas nous casser les couilles avec”. Le soutien dans ces moments où l’on perd patience est très précieux. Il nous arrive parfois de faire d’une personne anonyme qui vous vient en aide et qui probablement cette situation ne lui était pas inconnue, notre sauveur. A tel point d’en faire un amis facebook.

En somme et pour vous la faire courte, excepté les pleures à supporter et maîtrisés tant bien que mal, tout s’est bien passé. Disons qu’à 4 mois, manger boire et dormir sont tes objectifs premiers… (quoique je connais bien deux trois adultes qui ont le même train de vie).

 

Les choses sérieuses

J’aurai également pu vous énumérer le détail de mon voyage de 11 heures en direction de San Francisco avec mes deux monstres dont le dernier de âgé de 1 an nous avait mis la misère pendant 9 heures (sans interruption) à coup de crises d’hystéries et de pleures qui se faisaient entendre jusqu’au Japon. Tétines, biberons, biscuits, jouets, comptines, promenade, tout y est passé… en vain. C’est à ce moment là que le doux sentiment d’infanticide vous passe par la tête. Le pire dans tout ça est qu’une fois arrivé à San Francisco, après avoir passé une courte nuit, je me suis retrouvé dans un parc vide à 6h30 du matin avec mes deux monstres regardant tous les trois tels des zombis immobiles, le soleil orange pointer son nez sur la sur la ville. Les journées qui suivirent furent très longues #JetLag.

 

L’expérience prouve que...

Comme le dit si bien notre très cher humoriste Thomas Ngijol imitant son père lui délivrant l’une de ces citations phares “l’expérience prouve que…” tout simplement on apprend avec le temps. A présent, lorsque nous voyageons, notre mental est à la guerre. La veille nous nous efforçons de dormir tôt et de ne plus partir après une journée de travail. Nous avons troqué les tenues chics et hipsters pour les joggings baskets. Un peu comme les familles de touristes allemands qui viennent visiter Paris en shorts, longues chaussettes, grosses baskets, mi-sport mi-montagne. Ceci dit nous restons continuellement en alerte avec toujours autant de bagages certes! mais munis de nouveaux accessoires tels que les cahiers de gommettes, crayons de couleurs, doudous, jouets et tablettes quand on oublie pas les écouteurs, le double jack ou encore de la charger la veille. Pire de mettre des dessins animés.

Avec tout ceci, nous sommes parés pour les longs voyages même les plus périlleux. Cependant soyons franc! peut-on aller à l’encontre de la puissance de la voiture famille ? pour ma part NON. Mon objectif en tant que père est de tenter de rester focus le plus longtemps possible après le départ (dixit la photo). Une fois la fatigue des parents se faisant ressentir, fin de nous, on lâche les fauves sous le  regards stupéfaits des usagers et le wagon prend la tangente sous des airs de boum pour minus un jour de mercredi “Et puis merde” après tout c’est écrit voiture famille. On ne peut pas tout mettre sur le dos des enfants qui sont cantonnés à rester sur un siège de longues heures sans faire de bruits. Eux qui en temps normal, jouent bruyamment, courent partout et pleurent quand ils veulent. Par contre on leur reprochera le faite d’être égoïste à savoir de ne dormir qu’une heure avant l’arrivée après nous avoir fait tourner en bourrique. Quelle bande d’ingrat.

 

Rodrigue LINO                                                                                                                                                                      INSTAGRAM                                                                                                                                                                           FACEBOOK

 

 

 

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